Pas beaucoup de temps pour bloguer ces derniers jours, mais j'ai trouvé quelques minutes pour causer dans le poste (sans mauvais jeu de mots) cette semaine. Pour un reportage diffusé sur Canal+, dans l'émission + Clair, samedi dernier. Un document consacré à l'affaire de la vraie fausse mort de Pascal Sevran annoncée par erreur sur Europe 1.
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lundi 28 avril 2008
mercredi 12 mars 2008
Demain, le média exportable?
Retour sur le concept de "nomadisation de l'info", développé dans un précédent post.
J'évoquais la thèse du "canon à infos", mutation naturelle du traditionnel site de news:
Une info exportable, qui embarque avec elle un certain nombre de données.
L'effet YouTube: L'essor des plateformes de vidéos (YouTube et Dailymotion) qui permettent à chacun d'embarquer sur son site ou son blog les contenus vidéos d'autres sites ou auteurs, a contribué à installer cette culture d'une info de plus en plus nomade.

Avant, la tendance était à la protection jalouse de ses contenus pour ramener et conserver le trafic sur son site. Aujourd'hui, proposer un lecteur exportable de vidéo (le fameux code "embed" qu'on glisse dans le code HTML de ses posts) est devenu la norme.
Tout s'exporte...
"iReport", le nouveau site participatif de CNN, propose évidemment des lecteurs exportables pour les vidéos, mais aussi pour les portfolios, et même les simples photos:

Plus fort : Soitu.es, le nouveau site d'infos nouvelle génération espagnol permet à tous de reprendre son outil flash de publication des résultats des élections législatives. Une première.
Un petit code permet en effet à tout le monde de publier un média dynamique affichant les résultats. Un bel exemple (et un vrai modèle) de dispersion de l'info au service de la marque et des usages du lecteur:
Imaginez tout ce que l'on peut faire avec ce modèle...
Plus extrême, le site internet exportable.
Xavier de Mazenod en parlait sur son blog en novembre dernier (merci Philippe pour le lien): un mini site en flashs, avec un menu, des liens, des contenus textes et multimédias mais que chacun peut reprendre chez soi:
Demain, le média exportable?
J'évoquais la thèse du "canon à infos", mutation naturelle du traditionnel site de news:
"L'objectif étant de parvenir à placer l'info sur les trajectoires de plus en plus aléatoires du lecteur. Et, surtout, d'embarquer le plus de valeurs possibles (infos, marque, pub...) sur ces micro-contenus."Philippe Couve (dans les commentaires) lui préfère le terme"info liquide". On pourrait aussi parler d'info "moléculaire". Ce qui reflète mieux ce concept de dispersion nécessaire et maîtrisée de l'info: une micro-news, éjectée du site pour atteindre le lecteur là où il se trouve (rss, mobile, blogosphère, moteurs de recherhce...).
Une info exportable, qui embarque avec elle un certain nombre de données.
L'effet YouTube: L'essor des plateformes de vidéos (YouTube et Dailymotion) qui permettent à chacun d'embarquer sur son site ou son blog les contenus vidéos d'autres sites ou auteurs, a contribué à installer cette culture d'une info de plus en plus nomade.

Avant, la tendance était à la protection jalouse de ses contenus pour ramener et conserver le trafic sur son site. Aujourd'hui, proposer un lecteur exportable de vidéo (le fameux code "embed" qu'on glisse dans le code HTML de ses posts) est devenu la norme.
Tout s'exporte...
"iReport", le nouveau site participatif de CNN, propose évidemment des lecteurs exportables pour les vidéos, mais aussi pour les portfolios, et même les simples photos:

Plus fort : Soitu.es, le nouveau site d'infos nouvelle génération espagnol permet à tous de reprendre son outil flash de publication des résultats des élections législatives. Une première.
Un petit code permet en effet à tout le monde de publier un média dynamique affichant les résultats. Un bel exemple (et un vrai modèle) de dispersion de l'info au service de la marque et des usages du lecteur:
Imaginez tout ce que l'on peut faire avec ce modèle...
Plus extrême, le site internet exportable.
Xavier de Mazenod en parlait sur son blog en novembre dernier (merci Philippe pour le lien): un mini site en flashs, avec un menu, des liens, des contenus textes et multimédias mais que chacun peut reprendre chez soi:
Demain, le média exportable?
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jeudi 10 janvier 2008
Médias: les 8 nouveaux gènes du nouvel ADN de l'information

Je constate régulièrement lors de mes (trop) rares rencontres avec les professionnels et les étudiants cette lourde angoisse des anciens (ce qui peut se comprendre), mais surtout des futurs journalistes face aux mutations des médias:
Face aux contenus générés par l'utilisateur le journalisme est-il en train de disparaître ?
Face aux contenus générés par l'utilisateur le journalisme est-il en train de disparaître ?
Puisque les ",jeunes" ne semblent plus s'y intéresser (60% des ados selon une récente enquête aux USA), peut-on craindre que le journalisme soit mort?
Pire: que l'information soit morte?
Cela me fait parfois penser à ces parents, terrifiés, qui, voyant débarquer leur fils habillé en punk, s'exclamaient d'abord "On me l'a changé!". Puis: "Je n'ai plus de fils!"
Oui, l'info telle que nous l'avons connue est en train de disparaître. Pourtant, l'information n'a jamais autant circulé. Mais elle a changé profondément. Son ADN a été modifié au fil des révolutions numériques. Quels sont ses nouveaux gènes ?
Oui, l'info telle que nous l'avons connue est en train de disparaître. Pourtant, l'information n'a jamais autant circulé. Mais elle a changé profondément. Son ADN a été modifié au fil des révolutions numériques. Quels sont ses nouveaux gènes ?
1- L'info est hyper-fragmentée.
Le lecteur n'a plus la même fidélité qu'autrefois. Il picore un peu au hasard, via Google, telle info sur le site du Monde, telle autre sur un blog ou sur Yahoo News... Près des deux tiers de l'audience d'un site provient des moteurs de recherche (Google, Wikio...) de la recommandation (mail, réseaux sociaux comme Facebook), du "buzz" (liens provenants des blogs), et des flux RSS (Netvibes)...
2- L'info est une agrégation de micro-infos.
L'info sur le Net est également fragmentée dans son éditing et sa construction : une info = plusieurs infos. C'est à dire plusieurs micro-contenus séparés dans le temps, par les angles, le ton ou les formats. L'info peut être alors être plus courte, laissant à l'internaute la possibilité de se composer son propre zapping.
Conséquence : sur le Net il faut donc réfléchir en micro-infos. Raisonner comme avec iTunes qui permet de se faire sa compilation de chansons sans avoir à acheter tout l'album.
On sort de la logique du compte-rendu complet, du dossier et de la rubrique.
Et on peut ainsi délier et relier des micro-infos entre-elles à l'infini grâce aux outils sémantiques (les fameux tags, ou mots-clefs, qui rassemblent des infos éparses par thèmes et communautés d'intérêt), géo-sémantiques (localisation de l'info), temporels (l'info par ordre chronologique) et communautaires ("ceux qui ont lu cette info ont lu aussi").On sort de la logique du compte-rendu complet, du dossier et de la rubrique.
3- L'info est en direct.
Elle se délivre au fil de la journée, selon l'actualité, elle change aussi de ton, de texture, selon l'heure, selon la tension ou l'humeur du moment, selon l'humeur et les réactions de l'audience.
4- L'info est un chantier permanent.
Elle est toujours un "work in progress". Elle est immédiate, en direct, mais elle se met à jour et, surtout, s'enrichit au fil des heures avec la participation des lecteurs qui commentent, témoignent, corrigent.
5- L'info est sociale.
Ce qui est intéressant, ce n'est pas seulement l'info, mais ce que le lecteur va pouvoir en faire : apporter sa contribution en commentant ou en bloguant l'info, la partager avec ses amis, récupérer un contenu visuel (photo, vidéo, flash) pour alimenter son blog ou son facebook, corriger l'info, apporter son témoignage, sa photo ou sa vidéo, jouer avec (test, quizz...).
6- L'info est personnelle.
Elle concerne aujourd'hui la sphère personnelle du lecteur, pas une hiérarchie éditoriale.
Elle s'équilibre désormais entre hard news (les infos générales, traditionnelles), soft news (l'insolite, le people, les faits-divers et ce qu'on a appelé dans les années 90 "l'infotainment") et égo news (mes infos personnelles que je partage, et celles de ma communauté). Avec une hiérarchisation qui est laissée à l'initative des internautes et des algorythmes des ordinateurs.
7- L'info donc n'est plus hiérarchisée par le média...
...mais par la communauté, et les algorythmes de Google. C'est la conséquence de la fragmentation. Les Une se transforment de plus en plus en "fleuves" d'infos présentées par ordre chronologique (lepost.fr) ou de popularité (digg.com). Elles permettent aux internautes de picorer ce qu'ils désirent.
8- L'info est poreuse.
Face à l'explosion chaotique de l'information, le lecteur attend surtout des médias qu'ils l'aident à s'y retrouver.
Au delà de l'info exclusive, l'info tend à se mettre en réseau.
Nous sommes à l'ère du copier-coller mais surtout de l'optimisation permanente. Un blogueur n'hésite pas à reprendre les infos des autres afin d'y apporter sa touche personnelle, son témoignage ou son analyse.
C'est un peu comme si, au bac, on vous disait : "copiez, vous serez mieux noté!" Vous auriez subitement le droit de regarder par dessus l'épaule de vos voisins et vous pourriez rédiger sur un sujet: "Mon voisin de droite a écrit ça, mon voisin de gauche à fait tel rapprochement, je suis plutôt d'accord avec mon voisin de devant qui a rappelé telle grande règle (que j'avais oubliée) mais en même temps je pense que... "
L'ADN de l'information a changé. Donc l'ADN des journalistes doit changer.
Ses frontières, son rythme, sa construction... tout a été profondément modifié. Il faudra donc inventer de nouveaux process de fabrication de l'information qui tiennent compte de ces mutations.
dimanche 25 février 2007
Journalistes citoyens : les nouveaux correspondants de presse ?
"20 minutes.fr" m'a demandé, ainsi qu'à une dizaine d'acteurs de la blogosphère comme Loïc Le Meur, Carlo Revelli, Gilles Klein, Christophe Grebert ou Joël Ronez, de commenter le rapport de Marc Teissier rendu au ministère de la Culture sur l'évolution de la presse à l'ère du numérique.
Ce rapport (que vous pouvez télécharger ici) prévoit notamment la création d'un statut du journaliste citoyen, fondé sur le modèle du correspondant local de presse, ainsi que la mise en place d'un label de qualité pour les sites d'information.
Vous pouvez lire le dossier de 20 minutes ici.
Je reproduis ci-dessous ma contribution, mais vous invite vivement à consulter les autres :
1/ Création d'un statut de «correspondant en ligne» :
Cette proposition n'est pas surprenante, mais révèle une approche partielle, sinon partiale, du phénomène.
Le journalisme citoyen c'est d'abord l'expression d'internautes souhaitant prendre part à l'information Ce n'est pas l'émergence d'une nouvelle catégorie de journalistes, mais bien l'expression de la volonté des citoyens de participer à l'information, de ne plus être dépendant de ce qui a été longtemps ressenti comme la "dicature" des grands médias, et donc d'établir un nouveau contre pouvoir face à ce quatrième pouvoir devenu tout ou trop puissant.
Je trouve assez dangereux de confiner les "citoyens" dans une catégorie de "sous-journalistes" ou de journalistes "différents", "authentiques", par la création d'un statut. La plupart d'entre eux ne souhaitent pas être journalistes, pas plus qu'ils ne veulent être députés ou maires. Cela ne les empêche pas de vouloir participer au pouvoir. La plupart de ces citoyens sont d'ailleurs les premiers à demander aux journalistes de faire leur métier. Mais de bien le faire...
A l'origine du journalisme citoyen il y a d'abord ce sentiment que les médias traditionnels ne reflètent pas la réalité telle que les gens la vivent. Il y a une remise en cause de la pratique journalistique contemporaine, mais rarement de celle du rôle du journaliste.
C'est la pratique journalistique qui doit évoluer.
Le rapport Teissier s'est arrêté en chemin : le journalisme citoyen n'est pas un aboutissement, mais une étape. Il préfigure l'émergence de nouveaux médias, non pas purement citoyens, mais participatifs. C'est à dire une collaboration entre journalistes et citoyens dans la fabrique de l'information.
Si l'on a comparé les journalistes citoyens aux correspondants locaux de presse, c'était surtout pour souligner que la valorisation et la prise en compte par un média professionnel de contenus générés par les citoyens était une vieille tradition de la presse locale française. Et que cette dernière avait en cela une expérience qu'elle devait aujourd'hui mettre à contribution pour embrasser pleinement le phénomène du journalisme citoyen. Pas pour adapter un vieux système à l'Internet ! Le problème avec les CLP, c'est qu'ils sont rarement représentatifs de la population. Dans certaines communes (mais pas partout), ils contribuent d'ailleurs à creuser le fossé entre le journal et ses lecteurs. Ce que la presse locale fait aujourd'hui sur le papier avec quelques correspondants, elle pourra le faire demain en ligne avec l'ensemble de la population.
Reproduire le statut de CLP en ligne serait aller contre l'intérêt des quotidiens régionaux : enrichir son contenu local et se rapprocher des habitants de sa zone de diffusion.
Ce ne sont donc pas aux élus d'encadrer un nouveau statut, mais plutôt aux médias (nouveaux et traditionnels) de développer de nouveaux outils collaboratifs. C'est ce que j'essaie de faire, comme d'autres, avec " quelcandidat.com". Nous n'en sommes tous qu'aux balbutiements.
2/ Label de qualité :
Il y a, tout le monde l'a vite compris, un vrai danger dans cette proposition. Et, encore une fois, une approche biaisée du phénomène.
Labéliser les médias "sûrs" et les médias "non sûrs" reviendrait à hiérarchiser étatiquement la tuyauterie et les sources de l'information. Tentative maladroite et dangereuse de reprendre le contrôle de la fabrique de l'information. C'est aller à l'encontre de l'attente des utilisateurs. Et donc de l'intérêt des médias.
Il y a, au contraire, une chance à saisir dans cette révolution du "média c'est moi" : une explosion des contenus, une nouvelle richesse, une nouvelle authenticité, mais aussi de plus en plus de fouilli, et donc une nouvelle fonction pour les médias et les journalistes : celle d'agréger, de trier, de sélectionner, de filtrer ou de valoriser l'ensemble de ces contenus. Mais aussi de clarifier la conversation et d'animer ces communautés émergentes.
Rien n'empêche par ailleurs les médias, traditionnels ou individuels, d'adhérer à une charte, de se regrouper en labels. Rien n'empêche les journalistes de continuer de faire leur travail avec cette nouvelle matière.
Cette révolution était sans doute nécessaire, elle amènera à un nouvel équilibre. Une loi ne ferait que figer un processus encore en gestation.
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