Les productions sont classées par centre d'intérêt : "vos infos", "sports" (sport amateur), "vos bons plans" (essentiellement des annonces de manifestations apparemment), "votre vie" (on peut envoyer ses photos de mariage...), forum. Il y a également un espace pour poster ses photos. Et on pourra bientôt envoyer des vidéos.
L'initiative, une première pour la presse quotidienne régionale, mérite évidemment d'être saluée. Mais il y reste encore beaucoup de travail à faire...
Les plus :
- La multiplicité des outils de communication à disposition : Internet, mobile (MMS) et même courrier.
- Le langage simple.
- Les concours.
- La possibilité d'envoyer juste des photos.
Les moins:
- Le fait de séparer le site du "vrai" journal de celui des lecteurs, comme si on ne voulait pas mélanger les torchons et les serviettes. Une façon de dire: ici vous faites ce que vous voulez, mais ne venez pas polluer l'espace professionnel. Je me doute bien que ce n'était pas l'intention de l'éditeur, mais c'est pourtant ce message là qui passe.
- Tout est publié en vrac. Il n'y a aucune hiérarchie et, surtout, aucune communauté par localité. Faire participer les gens à l'actualité, ce n'est pas juste leur donner un terrain de jeu pour balancer des choses, mais de les impliquer dans un projet rédactionnel autour d'une communauté. Ici, la communauté, qui devrait être la commune, n'est pas clairement définie.
- L'ensemble donne l'impression d'une mauvaise copie de correspondant des années 60. On doit pouvoir faire mieux, et trouver d'autres manières de faire participer les gens. Il y a de bons exemples à l'étranger (j'y reviendrai dans un prochain post).
- Il n'y pas assez d'animation.
En conclusion :
Plus que de "journalisme citoyen", je continue de penser qu'il faut parler de média participatif. Nous avons hérité, dans la presse quotidienne régionale française, d'un système sans doute unique au monde : les correspondants locaux de presse. Ces correspondants, que l'on a longtemps considéré comme des sous-journalistes mal payés, préfiguraient en fait le phénomène du journalisme citoyen. Des gens comme les autres qui parlent de leur commune ou de leur spécialité par passion et parce qu'ils sont généralement mieux informés que les autres
Plutôt que de créer un "espace pour les gens", pourquoi ne pas améliorer ce que nous avons déjà ? Pourquoi ne pas élargir le corps des correspondants au reste de la population, grâce aux nouveaux outils du Net et du mobile ?
Ce qui permettrait d'intégrer graduellement les journalistes citoyens à la rédaction, grâce à un encadrement et une conversation organisée par des professionnels.
Le contenu généré par l'utilisateur est la clef de l'avenir de la presse. Et pas seulement une clef éditoriale, mais aussi une clef économique (plus vous impliquez l'utilisateur, plus vous qualifiez vos bases de données).
(Lire également le post de Philippe Gammaire sur le sujet)