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mercredi 24 septembre 2008

What is left to journalists ?

Things have changed. The fact is that the way audience consume information changes the way information is produced and distributed. It changes the people who produce this information and how they do as well.

It changes journalism. It changes journalists. But which journalists?

Let's have a look :

1- When you need 900 journalists to run a print media then put your content online, you don't gain a bigger audience than a thirty journalists media. Anyway, even if you want, you can't build a hundred journalists newsroom because you just don't have the money to.

That's a real threat: this year, in the US, more than 8.000 journalists have been fired in the traditional medias. Will they work online ? No.


A student asked me last month: “But.. If money leaves the print press, it should go to the Internet”. Yes, but money doesn't go to news medias on the Net. It goes to services. It goes to search engines. They are new medias, that trust the ads, but they're not “news” medias. So... less money... less journalists.


2-
Jeff Mignon (in french) and Grzegorz Piechota recently asked the good question:

what is the value of journalism? Jeff asks: Do you think that a news has a value by itself or do you think that the value comes from what you do with this news? At Lepost.fr (the new experimental web media I'm in charge of), we just stopped to pay for the AFP and Reuters feeds because they didn't give any value to our production. You still need breaking news, but they're spread everywhere at the same time. You can even be informed of an event before AP and Reuters just by checking your Twitter account...


And there's a new thing: if you are a mass media, you need to send journalists to cover the event. All mass media do it. Consequently, there are thousands of journalists covering the same event at the same time, releasing the same raw news, photos, videos, at the same time. This is what I call closed medias: print, TV...


In a network environment, sending journalists everywhere just to cover news is a nonsense. Because news are shared everywhere for free, instantly, by journalists and citizens.

There's more and more news shared and spread on the network. For network medias, the job now is: how do I connect these news together to make sense emerging from it? How can I give value to news ? How can I bring new material, best links choice, emotion, analysis, sense among this Internet noise, invaded by several million of news?

Have you got the answer? So, another question: who does this job best?

Who is able to make the most accurate aggregation of news? Who can make the best analysis on the financial crisis? Who can open the hottest conversations about politics? Who will be the best expert about the iPhone (journalists or a mobile phone addict)? And even: who is the best to detect the last important breaking news released on the Internet (at Lepost.fr, we created teams of super readers who alert us whenever they read something interesting on the Net. They're simple citizens, non journalists, but super readers addicted to news...).


Participative medias, bloggers, and medias based on user generated content showed that most of the time, non journalists where more effective to give value to the news. Not because they're not journalists, but because they know what they're talking about, they can bring emotion, authenticity, knowledge. They're experts, they're witnesses, they're addicted to one matter and they know everything about it. So, maybe it is still journalism. But this new “journalism” is not only, at least, a matter of journalists. Here comes the time of shared journalism.

So, what is left to journalists?

Education of citizens to help them bring the news? Investigation?

That's not only a provocative question.

There will be more and more news, more and more “journalism”, but maybe not with the journalists we know today. And maybe not with journalists. Well... not so much.

lundi 5 mars 2007

Ce que les médias traditionnels peuvent apprendre de Wikio


Si vous ne connaissez pas encore, Wikio est le moteur de recherche de news "web 2.0" créé par Pierre Chappaz.
La semaine dernière, Wikio a lancé Wikio Shopping. Evolution naturelle pour le fondateur du comparateur de prix Kelkoo mais aussi première pierre du modèle économique de Wikio.
Wikio Shopping est un moteur de recherche d'infos sur les produits high-tech : "il propose plus de 30 000 références high-tech, de toute l'information utile qu'il s'agisse de tests, d'avis consommateur, de news, d'infos exclusives issues des forums, de photos, de vidéos, de prix ou encore de marchands et de codes promo..."
Wikio Shopping exploite la mine de contenus éparpillés sur le Web par la communauté des blogueurs, celle des forums, ainsi que des médias et de sites marchands: "sur le Nikon D80 par exemple, ce ne sont pas moins de 38 tests, 10 avis, 135 news, 2 info forums, 19 vidéos, 34 photos et les prix de 24 marchands qui vous attendent", promet-on sur le blog de Wikio.

Enfin, last but not least : Wikio lance un concurrent à "google adsense". "Wikio affiliate" est un outil de publicité à installer sur son site Web ou son blog : "grace à (sa) technologie de catégorisation dynamique, (Wikio affiliate est) en mesure d'afficher des liens marchands en rapport avec le contenu de vos posts."
La boucle est (presque) bouclée.

Quels enseignements les médias traditionnels peuvent-ils, doivent-ils tirer de l'expérience Wikio ?

Cette dernière met en fait le doigt sur nos principaux blocages :

1- Nous avons encore du mal à nous centrer sur autre chose que ce que nous croyons être notre métier de base : la distribution de contenus.
Ce que nous apprend Wikio c'est qu'il y a également un immense intérêt à rassembler, aggréger, ce que la communauté et les autres médias produisent déjà sur le Net. Les médias traditionnels peuvent y apporter deux valeurs ajoutées : le tri et l'animation.

Qu'est-ce que cela signifie ? Qu'il faut prendre Internet pour ce qu'il est : un espace communautaire et interactif. Au lieu de se centrer sur la distribution de leurs contenus, les médias devraient se centrer d'abord sur l'interactivité (la richesse du site vient de ce que les internautes y font) et la communauté. Ce n'est pas (surtout pas) abandonner l'un pour l'autre, c'est fonctionner différemment.

Cette stratégie présente quatre avantages : elle coûte moins cher, elle permet la mise en valeur d'un contenu gratuit mais à forte valeur identitaire. Elle répond en partie aux craintes sur le cannibalisme papier/web. Enfin, elle participe à la création non seulement d'une communauté, mais surtout des mécanismes interactifs qui lui permettront de développer de nouveaux services et donc de nouveaux modèles économiques.
Que faire d'une communauté qui participe et donne son avis ? Wikio a trouvé une réponse avec Wikio Shopping.

Capitaliser sur la communauté et l'interactivité est difficile à comprendre pour les responsables marketing des médias, parce que ça ne rapporte pas forcément de l'argent tout de suite et/ou (les deux sont souvent liés) parce qu'on ne sait pas faire. C'est la raison pour laquelle on a tellement critiqué MySpace et YouTube. Et c'est aussi sans doute pourquoi la presse nationale (Libération) et locale a abandonné le marché des sites de rencontres à des pure-players comme Meetic.

2- Cela pose à nouveau la question des modèles économiques
du Web pour les médias, coincés dans une équation quasi insoluble : des contenus qui coûtent cher et des modèles économiques (vente de contenu ou publicité) pas encore prêts.
Se centrer sur la communauté et l'interactivité signifie également travailler sur de nouveaux modèles économiques. Or, les journaux ne disposent pas des équipes capables de comprendre et d'exploiter ces nouveaux marchés.

3- Même problème pour la publicité.
Les régies internes sont rarement calibrées pour aller chercher de la pub pour le Net : il faut travailler en spécificité, et comprendre la logique spécifique d'Internet. Il y a peu de solutions. Faire appel à une agence, ou créer une équipe dédiée, tout en travaillant sur l'intégration.
Mais je ne comprends toujours pas pourquoi la presse, et en particulier la presse locale, n'a pas encore lancé un concurrent de Google Adsense/adwords. Ce que vient de faire Wikio.
Un journal local qui créerait son propre moteur de publicité locale payée au clic et aux mots clefs aurait à sa disposition un outil qui permettrait aux petits annonceurs locaux de créer eux-mêmes, en un clic, leur publicité sur le site. La solution serait également proposée aux sites locaux, par affiliation.

Qu'en pensez-vous ?

(Sources : Blog Wikio,
Journal du Net)

lundi 15 janvier 2007

"MyDeathSpace.com" : le Web2.0 fait dans le morbide


Curieux objet que "My Death Space" (littéralement "mon espace mort"). Ce site indépendant recense les membres de "MySpace" qui viennent de passer l'arme à gauche. Et la liste est longue. Racheté par Newscorps, "MySpace" rencontre un tel succès, que sa version funèbre comptabilise environ 24 décés signalés par jour...

Il ne s'agit ni plus ni moins qu'une sorte de "Carnet du jour" comme on pourrait le trouver dans les quotidiens régionaux ou nationaux, sauf que ce carnet est collaboratif et organisé autour d'une commauté virtuelle. "My Death Space" se veut une sorte de mémorial dédié aux membres du réseau social le plus populaire du web.

Les internautes peuvent librement soumettre un décès au site. Il leur suffit d'indiquer le nom de la personne décédée, la cause de sa mort, sa photo, son site MySpace et un petit message d'hommage.Tout le monde peut commenter.
Je n'ai aucune idée de la manière dont le site vérifie les informations qui leur parviennent (s'ils vérifient...), souvent avec pas mal de détails sur les circonstances de la mort. Lles membres de MySpace étant tous très jeunes, il s'agit essentiellement d'accidents, de meurtres et de suicides. Ce qui donne une tonalité particulièrement sinistre au listing de My Death Space.

Pour ne rien arranger, l'habillage du site fait également dans le morbide. Façon Tim Burton... On flirte visiblement avec l'humour noir. Les familles des victimes apprécieront.
Mais le site ne refuse pas le débat et ouvre le site aux critiques.

Fred Cavazza, qui évoque le sujet sur son blog, reste perplexe. Quel est le but recherché par les créateurs de ce site ? Morbide business ou Carnet du jour web2.0 ?

Néanmoins, et histoire de dépasser le débat : si l'on retire l'enrobage gothique, la publication de l'état civil d'une communauté n'a rien de nouveau. Ce sont généralement les pages les plus lues dans les quotidiens régionaux. Les médias devraient-ils s'inspirer de ce type d'initiative et créer eux aussi leur propre carnet du jour collaboratif en ligne (en y ajoutant les naissances et les mariages par exemple) ?

Mais ce qui est intéressant ici, c'est son exploitation dans le cadre d'une communauté virtuelle. MySpace s'est tellement intégré dans le quotidien de millions d'Américains, qu'il faudra s'attendre à voir émerger de plus en plus de "médias" autour de l'actualité de la communauté. Ou comment un lieu virtuel devient un lieu de vie... et génère naturellement ses médias.
On retrouve le même phénomène avec le monde virtuel Second Life (j'en parlerai dans un prochain post). Ce n'est sans doute qu'un début.