lundi 15 janvier 2007

"MyDeathSpace.com" : le Web2.0 fait dans le morbide


Curieux objet que "My Death Space" (littéralement "mon espace mort"). Ce site indépendant recense les membres de "MySpace" qui viennent de passer l'arme à gauche. Et la liste est longue. Racheté par Newscorps, "MySpace" rencontre un tel succès, que sa version funèbre comptabilise environ 24 décés signalés par jour...

Il ne s'agit ni plus ni moins qu'une sorte de "Carnet du jour" comme on pourrait le trouver dans les quotidiens régionaux ou nationaux, sauf que ce carnet est collaboratif et organisé autour d'une commauté virtuelle. "My Death Space" se veut une sorte de mémorial dédié aux membres du réseau social le plus populaire du web.

Les internautes peuvent librement soumettre un décès au site. Il leur suffit d'indiquer le nom de la personne décédée, la cause de sa mort, sa photo, son site MySpace et un petit message d'hommage.Tout le monde peut commenter.
Je n'ai aucune idée de la manière dont le site vérifie les informations qui leur parviennent (s'ils vérifient...), souvent avec pas mal de détails sur les circonstances de la mort. Lles membres de MySpace étant tous très jeunes, il s'agit essentiellement d'accidents, de meurtres et de suicides. Ce qui donne une tonalité particulièrement sinistre au listing de My Death Space.

Pour ne rien arranger, l'habillage du site fait également dans le morbide. Façon Tim Burton... On flirte visiblement avec l'humour noir. Les familles des victimes apprécieront.
Mais le site ne refuse pas le débat et ouvre le site aux critiques.

Fred Cavazza, qui évoque le sujet sur son blog, reste perplexe. Quel est le but recherché par les créateurs de ce site ? Morbide business ou Carnet du jour web2.0 ?

Néanmoins, et histoire de dépasser le débat : si l'on retire l'enrobage gothique, la publication de l'état civil d'une communauté n'a rien de nouveau. Ce sont généralement les pages les plus lues dans les quotidiens régionaux. Les médias devraient-ils s'inspirer de ce type d'initiative et créer eux aussi leur propre carnet du jour collaboratif en ligne (en y ajoutant les naissances et les mariages par exemple) ?

Mais ce qui est intéressant ici, c'est son exploitation dans le cadre d'une communauté virtuelle. MySpace s'est tellement intégré dans le quotidien de millions d'Américains, qu'il faudra s'attendre à voir émerger de plus en plus de "médias" autour de l'actualité de la communauté. Ou comment un lieu virtuel devient un lieu de vie... et génère naturellement ses médias.
On retrouve le même phénomène avec le monde virtuel Second Life (j'en parlerai dans un prochain post). Ce n'est sans doute qu'un début.

1 commentaire:

Michel a dit…

Le carnet du jour étant je crois l'une des ressources financières d'un journal, comment justifier de faire payer la famille du défunt si c'est elle-même qui l'alimente sur un site Internet ?
L'exemple de Second Life paraît quant à lui très prometteur. Pourquoi ne pas imaginer des avatars (sportifs, présidents d'association, hommes politiques...) qui livreraient chacun leur part l'information locale.
L'accès à cet autre monde devrait-il alors être payant ou ce journal interactif multi voix pourrait-il se financer avec les publicités présentes en son sein ?