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dimanche 19 juillet 2009

La note Matthew Robson (traduction française intégrale): ce que pensent les jeunes des journaux, de la télévision... et de Twitter


"Ce que pensent les ados": ils seraient nombreux à payer cher pour entrer dans la tête de ces "futurs consommateurs", à l'heure où le marché des médias est en pleine révolution, et qu'il valse encore entre le big crunch et le big bang...

C'est sans doute la raison pour laquelle Matthew Robson est devenu, en quelques jours, une vraie star chez les décideurs.
Ce jeune stagiaire de 15 ans et demi a pondu une note sur les habitudes de consommation des adolescents, pour la banque d'affaires Morgan Stanley, qui a décidé de la diffuser.
Depuis, le document a été publié en Une du Financial Times et a créé autant de polémique que d'enthousiasme (lire aussi l'article de Challenges)

Que nous dit cette note (téléchargeable ici en anglais)?

1- Les ados (environ 300 connaissances interrogées par Matthew lors de son enquête) ont le culte de la gratuité
2- Ils utilisent beaucoup leur téléphone mobile
3- Ils sont de plus en plus sélectifs devant la télévision...
4- Et ils n'aiment pas Twitter!

Je vous propose une traduction intégrale en français de ce document ( à mettre en parallèle, avec cette autre étude, relayée également sur ce blog en 2007).

Matthew Robson:
"Comment les adolescents consomment les médias"


Radio:

La plupart des ados ne sont pas des auditeurs réguliers. Ils la mettent de temps en temps, mais ils ne recherchent pas d'émission en particulier.
La principale raison pour laquelle les ados écoutent la radio: c'est la musique. Mais aujourd'hui avec les sites de streaming gratuit ils s'en fichent, puisque des services comme last.fr le font sans pub, et que les utilisateurs peuvent choisir les morceaux qu'ils veulent au lieu d'écouter ce que l'animateur ou le Dj a choisi pour eux.

Télévision:
La plupart des ados regardent la télé, mais il y a des moments dans l'année où ils la regardent plus que d'habitude. Ceci parce que les programmes fonctionnent par "saisons": ils regardent donc un programme à un certain moment pendant quelques semaines (aussi longtemps que le programme dure, en fait), mais ils peuvent ne plus regarder la télévision pendant des semaines une fois que le programme est terminé.

Les garçons regardent plus la télé pendant la saison de foot: en général deux matches et une émission sur le sujet par semaine (5 heures de visionnage au total).
Certains regardent des programmes réguliers (comme les soap operas), environ cinq fois par semaine pour une demi-heure, mais cette part est en baisse, parce qu'il est difficile de trouver du temps chaque jour.

Les ados regardent aussi moins la télévision depuis l'arrivée de services comme BBC iPlayer, lequel leur permet de regarder les émissions quand ils le veulent.

De plus, quand ils regardent la TV, ils doivent subir de nombreuses publicités (18 minutes chaque heure) et les ados ne veulent pas les regarder. Alors ils zappent ou font autre chose pendant la pub.

La majorité des ados à qui j'ai parlé utilisent Virgin Media comme bouquet de chaînes à cause des prix plus faibles et d'un contenu similaire à Sky. Une petite part d'entre eux a "Freewiew" mais ce sont de faibles consommateurs de TV (1h30/semaine), ils n'ont pas besoin des centaines de chaînes proposées par les autres.

Journaux
Aucun des jeunes que je connais ne lit un journal régulièrement: la plupart n'ont pas le temps et ne veulent pas le perdre à lire des pages et des pages de texte quand ils peuvent avoir un résumé de l'info sur Internet ou à la TV.

Les seuls journaux qui sont lus sont les tabloids ou les gratuits (Metro, London Lite...) en général à cause du prix: les ados sont très réfractaires au fait de payer pour un journal (d'où la popularité de gratuits comme Metro). Ces dernières semaines The Sun a baissé son prix de 20p, et j'ai vu de plus en plus d'ados le lire.

L'autre raison pour laquelle les tabloids sont préférés aux autres c'est que leur format compact rend la lecture plus facile dans le bus ou le train. C'est particulièrement vrai pour Metro qui est distribué dans les bus et les trains.

Jeux vidéo
Loin du stéréotype du joueur vu comme un jeune garçon, l'émergence de la Wii sur le marché provoqué l'arrivée pléthorique de joueuses filles et de très jeunes (6+) joueurs.
La console la plus utilisée est la Wii, suivie par la XBox360, puis la PS3. La plupart des ados possesseurs de console ont tendance à faire de longues sessions de jeu (plus d'une heure) plutôt que des petites parties.

Comme les consoles sont connectées à Internet, le tchat vocal est désormais possible entre les utilisateurs, ce qui a un impact sur l'utilisation du téléphone. On peut parler gratuitement avec sa console, ça pousse donc les jeunes à ne plus vouloir payer pour téléphoner...

Par contre, les jeux PC tiennent une très petite place, voire pas de place, sur le marché des ados. Sans doute par que la plupart des jeux sont disponibles sur toutes les plateformes et que pour qu'un jeu fonctionne à pleine capacité sur un PC il faut un ordinateur puissant, et donc cher.
De plus, le piratage est plus facile sur PC: on peut télécharger les jeux gratuitement, plutôt que d'acheter le jeu. En comparaison, il est quasiment impossible d'obtenir gratuitement un jeu sur console.

Internet
Tous les jeunes ont un accès à Internet, à l'école ou chez eux. A la maison, Internet est surtout utilisé pour le fun (comme les réseaux sociaux), tandis qu'à l'école (ou à la bibliothèque) il est utilisé pour le travail.
La plupart des jeunes sont très actifs sur plusieurs plateformes de réseaux sociaux en même temps.
Facebook est la plus utilisée: la plupart de ceux qui ont Internet y ont un compte et le visitent 4 fois par semaine. Facebook est populaire parce qu'il permet un interaction à grande échelle avec ses amis.
Par contre, les ados n'utilisent pas Twitter. La plupart ont créé un compte, mais ils laissent tomber le service quand ils se rendent compte qu'ils ne vont pas le mettre à jour (surtout parce qu'ils préfèrent envoyer des sms vers leurs amis que vers Twitter avec leur forfait).
De plus, ils se rendent compte que personne ne regarde leur profil, donc leurs "tweets" n'ont aucun intérêt.

En dehors du social networking, Internet est surtout utilisé comme source d'information pour différents sujets. Pour chercher sur le web, Google est l'outil le plus utilisé: tout simplement parce qu'il est connu et facile à utiliser. Certains ados achètent sur Internet (sur des sites comme eBay), mais dans un faible pourcentage, parce qu'il faut une carte de crédit pour payer et que la plupart des ados n'en ont pas.

Enfin, de nombreux jeunes utilisent YouTube pour regarder des vidéos (en général des "anime" japonais qu'il ne peuvent voir nulle part ailleurs), d'autres comme un lecteur de musique avec de la vidéo, pour écouter de la musique en fond.

Annuaires
Les ados n'utilisent jamais les vrais annuaires (comme les pages jaunes). Notamment parce qu'ils présentent des services comme les promoteurs immobiliers ou les fleuristes, qui ne leur servent à rien. Ils n'utilisent pas non plus les services de renseignement de type 118 parce qu'ils coûtent cher et que l'on peut trouver la même info gratuitement sur Internet juste en cherchant sur Google.

Marketing viral et affichage publicitaire
La plupart des ados adorent le marketing viral, parce que les contenus sont en général intéressants et amusants. Par contre, ils trouvent les pubs sur les sites Internet (bannières, pop-up) ennuyeuses et sans intérêt, ils ne leur prêtent aucune attention et ils les reçoivent tellement négativement que personne ne les suit.

L'affichage publicitaire ne suscite pas beaucoup d'intérêt chez les jeunes, mais parfois il crée un débat (comme par exemple avec les pubs Benetton). La plupart des ados ignorent les panneaux publicitaires traditionnels parce qu'ils les voient partout et que, généralement, les pubs ne leur sont pas destinées (sauf pour les films).
Cependant, des campagnes comme celle de GTA IV (un jeu vidéo, NDLT), avec les personnages peints sur la façade d'un immeuble, créent de l'intérêt parce qu'elles sont différentes et qu'elles poussent les gens à s'arrêter et à penser à la pub, les incitant peut-être à aller plus loin.

Musique
Les jeunes écoutent beaucoup de musique, en général tout en faisant autre chose (comme voyager ou utiliser leur ordinateur). Ce qui fait qu'il est difficile de savoir quelle est la part de leur temps utilisée pour cette activité.
Ils sont très réfractaires au fait de payer pour la musique ( la plupart d'entre eux n'ont jamais acheté un CD) et une grande majorité (8/10) télécharge illégalement depuis des sites de partage. Sinon, pour pour avoir de la musique gratuitement et légalement, ils écoutent la radio, regardent les chaînes musicales (pas très populaire: ces dernières ne diffusent de la musique qu'à certains horaires, qui ne sont pas toujours compatibles avec ceux des ados) et utilisent les sites de streaming (comme je les mentionné plus haut).

Presque tous les jeunes veulent avoir une copie de la chanson (un fichier qu'ils peuvent garder sur leur ordinateur et utiliser quand ils le veulent) pour pouvoir la transférer sur leur baladeur et le partager avec leurs amis.

Les outils utilisés pour écouter la musique varie selon le niveau social: les ados issus de familles aisées ont un iPod, les moins riches se servent de leur téléphone portables. Certains utilisent les deux, et il y a toujours des exceptions à la règle.

Certains vont sur iTunes (en général combiné avec leur iPod) pour acheter leur musique légalement mais, encore une fois, c'est impopulaire chez les ados en raison du prix élévé (99 centimes).

Certains utilisent plusieurs sources pour leur musique: parce que le son est meilleur sur les sites de streaming mais parce qu'ils ne peuvent pas écouter les morceaux offline, ils dowloadent le fichier de la chanson mais l'écoutent sur le site de streaming quand ils sont online.

Cinéma
Les ados vont souvent au cinéma, quel que soit le film. En général ils choisissent un film d'abord puis ils sortent pour aller le voir, mais parfois ils vont directement au cinéma et choisissent une fois sur place. C'est parce qu'aller au cinéma ce n'est pas seulement aller voir un film en particulier: c'est une expérience, et c'est aller quelque part ensemble avec ses amis.

Les jeunes vont plus souvent au cinéma quand ils ont entre 13 et 14 ans, mais après 15 ans, ils y vont beaucoup moins. Ceci en raison du prix: à partir de 15 ans, ils doivent payer le tarif adulte, qui est souvent le double du tarif enfants.

Il est aussi possible d'acheter un DVD piraté du film au moment où il sort en salles, ce qui coûte bien moins cher qu'un ticket de cinéma, ces jeunes choisissent donc souvent cette solution, plutôt que de le voir en salles.
Certains préfèrent le télécharger sur Internet, mais ils sont en général de mauvaise qualité, doivent être vus sur un petit écran d'ordinateur et il y a toujours le risque de récupérer un virus.

Téléphonie mobile:
99% des ados ont un téléphone portable, et la plupart des téléphones ont de nombreuses capacités.
De l'avis général, les Sony Ericsson sont supérieurs aux autres, en raison de leurs nombreuses fonctionnalités, du walkman inclus et de son prix (110£ pour un milieu de gamme).
Parce qu'ils savent qu'ils risquent de le perdre facilement, les ados ne dépensent pas plus de 200£ pour leur mobile.
Et ils ont des forfaits sans abonnement, parce qu'ils ne peuvent pas s'offrir un abonnement mensuel, ni souscrire à un engagement de 18 mois.

La plupart du temps, ils utilisent leur téléphone pour envoyer des textos et passer des appels. Les fonctionnalités comme appel vidéo ou message vidéo ne sont pas utilisées, parce qu'elles coûtent cher (vous pouvez avoir 4 textos normaux pour le prix d'un message vidéo).
Les services de messagerie instantanée sont utilisés, mais pas par tout le monde. Il faut pour cela que le téléphone soit compatible Wi-fi, parce que ça coûte très cher d'aller sur Internet avec son téléphone.

Comme la plupart de leurs téléphones supportent le "bluetooth", et comme le "bluetooth" est gratuit, ils l'utilisent souvent. C'est utilisé pour pour envoyer des chansons et des vidéos (même quand c'est illégal), et c'est un autre moyen pour les jeunes d'avoir des chansons gratuites.

Les jeunes n'utilisent jamais les services d'achat de sonnerie ou d'images, très populaires au début des années 2000. Ceci en raison d'une très mauvaise presse (par exemple des services à 20£ la semaine pour lesquels il était difficile de se désabonner) mais aussi parce qu'ils peuvent récupérer musique et images sur leur ordinateur et les transférer vers leur téléphone gratuitement.

Les emails mobile ne sont pas utilisés, les ados n'en ont pas besoin: ils n'ont pas besoin d'être connectés à leur boîte mail tout le temps parce qu'ils ne reçoivent pas d'emails importants.
Ils n'utilisent pas non plus les fonctionnalités Internet parce qu'elles coûtent trop cher et, généralement, s'ils attendent une heure ils pourront les utiliser chez eux sur leur ordinateur. Et ça ne leur pose pas de problème d'attendre, parce qu'ils n'ont rien de particulièrement urgent à faire sur Internet.

Enfin, les ados ne changent pas souvent de téléphone, en général tous les deux ans. Ils en changent à l'occasion de leur anniversaire quand leurs parents leur achètent un nouveau téléphone, parce qu'ils n'ont généralement pas assez d'argent pour s'en offrir un.
Télévision: la plupart des ados ont une TV, et migrent de plus en plus vers des écran plats HD. Cependant, peu d'entre eux utilisent les fonctionnalités HD, les chaînes de télé HD étant plus chères. Nombre d'entre eux ne veulent pas souscrire à ces programmes HD parce que les pubs sont diffusées en basse définition, ce qui fait qu'ils ne peuvent pas voir la différence.

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Ordinateurs:
Tous les ados ont accès à un ordinateur connecté à Internet, mais la plupart ces ordinateurs sont juste configurés pour des tâches basiques et usuelles. Presque tous ont installé Mircosoft Office, pour pouvoir faire leurs devoirs chez eux. 9 ordinateurs sur 10 possédés par les ados sont des PC, parce qu'ils sont bien moins chers que les macs et parce que les ordinateurs de l'école tournent sous Windows.

Consoles: Près d'1 tiers des ados ont une console récente (moins de 2 ans et demi): 50% ont une Wii, 40% une XBox360, 10% une PS3. La PS3 est moins bien représentée en raison de son prix élevé (300£) pour une configuration et une ludothèque équivalente à la XBox 360, beaucoup moins chère (160£). La domination de la Wii est due à la présence frères et soeurs plus jeunes dans la famille: ils ont une Wii et les parents ne sont pas prêts à payer pour une nouvelle console.

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Qu'est-ce qui est hot ?

- Tout ce qui a un écran tactile
- Les téléphones mobiles ayant d'importantes capacités pour la musique
- Les outils qui peuvent se connecter à Internet (iPhones)
- Les télés à écran géant ("Really big tellies")


Qu'est-ce qui ne l'est pas ?

- Tout ce qui a des fils
- Les téléphones avec des écrans noir et blancs
- Les téléphones "briques" encombrants...
- Les outils qui ont une batterie de moins de 10 heures....

Mise à jour 10/09/09: à lire, sur Read Write Wen, une bonne synthèse des études sur les habitudes de consommation de la "Génération Y"

mercredi 25 juin 2008

Télé sur le web: et si FullHdReady avait raison?


La nouvelle a fait rapidement le tour du Net: FullHdReady, le zappeur le plus célèbre du web (plus de 11 millions de téléchargements de vidéos en 72 jours, et plus de 80.000 par jour) a été banni de la plateforme vidéo Dailymotion, mardi 24 juin.

Informaticien de 47 ans, FullHdReady avait publié sur son compte Dailymotion plus de 2300 extraits d'émissions de télévision (parmi elles, la fameuse annonce de la fausse-mort de Pascal Sevran par Laurent Ruquier sur France 2). Une activité intense (plus de 6 heures par jour) et très appréciée des internautes, notamment des blogueurs. Ces derniers pouvaient en effet, grâce au lecteur embarqué de Dailymotion, publier sur leurs blogs des séquences d'actu filmée ou de plateaux tv afin d'en débattre avec leurs lecteurs.

On comprend évidemment la situation délicate dont découle l'argumentaire normatif de Dailymotion: afin de monétiser leur audience acquise en grande partie grâce aux internautes rippeurs d'émissions de télé - comme FullHdReady ou Hakim93200 (dont le compte vient aussi d'être supprimé)-, les plateformes historiques d'hébergement sacrifient désormais leurs anciens "alliés" pour survivre. Elles n'ont pas le choix.
"Certaines chaînes ne veulent pas que leur contenu soit repris et diffusé, d'autres s'en accommodent. Dans le cas de FullHdReady, nous avons reçu beaucoup de notifications et nous avons supprimé son compte", rapporte le Pdg de cette start-up française, concurrente de YouTube.

Cependant, doit-on s'arrêter là?
Finalement, que nous révèle le phénomène FullHdReady? Lisez plutôt les réactions de soutien largement majoritaires des internautes à l'annonce de son bannissement :


"Merci FullhdReady pour tous ces bons moments enregistrés !" (Ozap)

"Ce que je comprends pas c'est que les chaines se plaignent alors que ce sont des 'extraits' des émissions et jamais des émissions en intégralité. A ce compte là on devrait interdire "Le Zapping" de Canal et autres principes du genre. Et puis surtout ça fait selon moi plus la pub des émissions qu'autre chose. Par exemple à force de voir des vidéos de Zemmour, l'internaute pourrait être tenté de regarder l'émission de Ruquier en entier... Enfin bref, la seule chose que j'ai vraiment envie de dire, c'est merci pour le boulot et les vidéos misent à disposition. Bravo fullhdready, et j'éspère à bientôt sur le net ;)" (Ozap)

"Dailymachintruc n'applique pas la loi, mais, l'interprète. Et la notion du droit à l'information ? Pas un mot. Dailybidule se moquerait-il d'un des piliers de la DÉMOCRATIE ?" (Le Post)


c'est lamentable ! Grâce au St Bernard, nous avions toute" l'actualité à portée d'oeil ! je n'arrive pas ^à accepter ce genre de punitions/privations ! Zyva Full HDReady ! ” (Le Post)





A observer le succès de FullHdReady et les témoignages de soutien qui ont accompagné son éviction, on ne peut que constater que cet informaticien passionné de télé répond à un véritable besoin d'information. Il remplit un vide. L'actu est n'est pas seulement devenue télévisuelle, c'est la télévision elle-même qui est devenue génératrice d'actualité.

Lorsqu'une personnalité fait une déclaration tonitruante sur un plateau de télévision, lorsqu'une chaîne d'info en continu diffuse des images d'une catastrophe, ou l'interpellation du président par un marin-pêcheur, l'internaute a pris l'habitude d'aller sur Internet pour en voir un extrait, et en débattre dans les commentaires ou les forums.
Et il va chez FullHdReady parce que les médias traditionnels ne proposent pas ce service d'information.

Sur Internet, les médias et les blogueurs (ils sont nombreux) qui pratiquent le zapping ne rentrent pas "légalement" dans le cadre du droit de citation. Sans accord des ayant-droits (les télévisions, notamment), ils se heurteront toujours à l'épineuse question des droits de diffusion. Et pourtant... ne remplissent-ils pas, à leur manière, une mission d'information? Leur tort est d'être en avance sur les pratiques de demain. Mais c'est souvent ainsi que les choses avancent. Quand les médias piétinent, les usages bousculent.

Ce n'est pas le seul exemple sur le Net.

Le débat mérite donc d'être posé, sinon on continuera à reculer. En interne, les professionnels de la vidéo sur le Net (y compris ceux qui modèrent sur leurs plateformes) reconnaissent la réalité et la pertinence de ces usages, tout en regrettant l'incohérence de la situation. Alors?

Lorsqu'un événement survient sur les chaînes de télévision, les internautes ont-ils droit à l'information ou est-ce le droit de diffusion qui prend le dessus?

Le site d'infos Le Post, qui a vocation à étudier les nouveaux usages en matière d'information pour expérimenter de nouveaux formats a décidé, depuis un mois, d'accompagner l'activité de FullHdReady.

A sa manière, FullHdReady a certainement contribué à la promotion de certaines émissions de télévision, en livrant en pâture à la viralité du Net les extraits les plus croustillants, les phrases polémiques, les images marquantes, amusantes ou choquantes... Son immense succès montre qu'il répond à un vrai besoin.

Pour le Post, il offre aux lecteurs son regard sur le paysage audiovisuel français, sa sélection, son zapping. Un peu comme celui de Canal+, mais adapté aux formats du web: pas un seul zapping monté, mais des exraits fragmentés, éclatés sur la toile.

Il suit désormais, sur les conseils de la rédaction du Post, un format clairement défini et respectueux du média (court extrait, citation systématique des sources...).

C'est un format que Le Post voudrait poser comme modèle de base, dans le but de travailler, avec les ayant-droits, à une normalisation de cette pratique désormais couramment pratiquée par les sites d'info.

Les médias d'information sur le Net n'ont pas intérêt à piller les télévisions. Par contre, leur mission d'information dans ce nouvel environnement qu'est le Net, les amène à répondre à la demande des internautes. Pourquoi ne pas travailler sur des accords? Tout le monde serait gagnant.

L'intérêt des chaînes de télévision, dans leur bataille contre ceux qu'elles appellent les "pilleurs" d'images est, on peut le comprendre, de maîtriser la dispersion de leurs contenus.
Mais leur intérêt est également de participer à la conversation sur Internet. Le tout est de le faire de façon plus encadrée.
LCI et TF1 commencent à prendre en compte ce nouvel écosystème: ils diffusent désormais sur leur plateforme Wat.tv des extraits de leurs programmes, qu'ils mettent ainsi à disposition des blogueurs pour faire "buzzer" leurs contenus.

(Disclaimer : je suis rédacteur-en-chef du Post, filiale du Monde Interactif)
(Ce Post a été également publié sur Le Post.fr)

samedi 22 mars 2008

Presse sur le web: pourquoi ça coince dans les vieux médias

J'ai animé un stage cette semaine auprès de confrères issus pour la plupart de rédactions papier ou télé (très motivés d'ailleurs). Et j'ai été ramené brusquement à de vieilles réalités.
Après 10 mois passés dans un "pure player", j'avais oublié combien nombres de rédactions sont encore paralysées par des blocages internes absurdes et se retrouvent comme impuissantes face aux opportunités du Net.

En sortant, je suis allé prendre un verre avec un autre confrère, d'une télé nationale cette fois, qui m'a dressé un tableau guère moins ubuesque de la situation sur son média.

Il y a plusieurs raisons à ces blocages (si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à les mettre dans les commentaires):

- d'abord, une méconnaissance de l'Internet, assaisonnée de fantasmes (le net, dénoncé à tort comme la "poubelle de l'info", a mauvaise presse). L'affaire du sms et du Nouvel Obs n'a rien arrangé.

- de la peur chez les cadres (mais aussi des reporters). Celle de voir évoluer leur média vers des domaines de compétences qu'ils ne maîtrisent pas (et donc d'être mis de côté). Parallèlement, d'autres cadres et journalistes sont hyper-motivés, ont plein d'idées et ne demandent qu'à être formés pour évoluer : ces gens risquent de quitter ces rédactions.

- l'âge de certains cadres qui, passés 50-55 ans, freinent des quatre fers en espérant arriver à la retraite avant l'apocalypse...

- des patrons de médias qui, n'y connaissant rien, se retrouvent amputés de leur meilleure arme: l'intuition. Capables d'investir sans hésiter dans un support papier ou télé, mais désemparés à l'idée de sortir plus de 10.000 euros dans un projet Internet.

- des modèles économiques pas encore complètement calés. Il y a de l'argent, mais les tarifs pubs sont trop bas, et la pub n'est pas aussi efficace qu'on pourrait l'espérer.

- des baronnies internes impossibles à dévisser, des placardisés qu'on retrouve dans les services internet...

- des patrons de l'Internet souvent incompétents (ils ne le sont pas tous) , placés là pour d'autres raisons, qui échappent... à la raison.

- des questions de droits d'auteur en suspens (alors qu'on en parle depuis 10 ans, de nombreux journaux n'ont toujours pas réglé avec les syndicats ces accords qui permettraient aux journalistes d'écrire ou d'envoyer leurs photos sur le web).

- des discours globalisants et donc tétanisants : vous devez devenir "plurimédia".

- dans les régions, une prise en main désordonnée du Net par les services pub ou des DG, pressés de sauver leurs petites annonces et de faire du business sur le Net, mais à l'ancienne... en distribuant n'importe quel contenu pourvu qu'il soit thématique.

- une vision désastreuse (pour le média) du Net, qui ne serait "qu'un nouveau support de distribution de nos contenus" (d'où le terme : "plurimédia", et les blocages syndicaux qui suivent...), alors que l'on doit concevoir la création d'un projet Internet comme celle d'un nouveau média (même quand on envisage une mutualisation des moyens).

- et maintenant tout le monde s'affole sur le mobile, sans avoir réglé le reste...

Dans ce climat, les stratégies globales sont souvent bloquantes et ont peu de chances d'aboutir (si vous en connaissez, n'hésitez pas à m'envoyer vos témoignages).

Les petits projets sont souvent la meilleure solution, à condition, bien sûr, de ne pas les aborder comme des "petits" projets. C'est à dire : pas chers, pas emmerdants...
Le web2.0 a apporté beaucoup de choses, mais éditorialement, ça ne fonctionne pas tout seul. De même, les portails où l'on distribue des contenus et des services automatiques, correspondent à une vieille idée.

Il ne s'agit plus non plus d'enrichir le site internet institutionnel du média. Mais de toucher des lecteurs. D'avoir un projet. L'intégration dans l'univers du média, n'est qu'un détail technique. De toute façon, 40% des lecteurs de ces nouveaux contenus viendront par Google... Il faut cesser de penser en "site".

Lancer, ne serait-ce qu'un blog dans une rédaction, doit être considéré comme le lancement d'un nouveau média.
C'est comme si un journal lançait une petite radio ou une télé.
Il faut définir une cible, une thématique, une baseline, mettre en place des formats, un ton, un rythme, animer une communauté... (J'ai souvent entendu des projets se définir ainsi : "on va faire le blog de la rédaction"...)

Et si l'on souhaite intégrer ce projet dans une rédaction, il ne faut surtout pas l'envisager comme une activité annexe que l'on pourrait bricoler à deux ou trois dans une rédaction, en plus du travail habituel. Il est important de se demander : combien d'heures par jour doit-on y consacrer, de qui ai-je besoin ?

L'avantage d'un petit projet, considéré comme un nouveau média, est qu'il a plus de chances de ne pas cristaliser les conflits et contradictions internes, et qu'il a surtout plus de chances de réussir... et donc de servir d'exemple pour des projets plus lourds.

Une seule idée, une bonne petite idée, simple, dans un petit projet à une ou deux personnes, peut dépasser, en quelques jours, le trafic du site internet du média. Essayez pour voir...

samedi 8 mars 2008

CNN lance le YouTube du reportage personnel


"iReport.com", c'est le nouveau site de citizen journalism lancé par la chaîne d'info continue américaine .

Le directeur du développement de CNN, l'a présenté ainsi lors de la conférence DNA2008 à Bruxelles : le site se veut le YouTube du reportage personnel.

Le service iReport existe déjà depuis 18 mois. Mais il fallait à l'époque envoyer sa vidéo à la rédaction pour espérer être publié.

90.000 contributions ont été reçues, annonce CNN, mais 90% étaient inexploitables par la chaîne (la chaîne en a publié 914).

10% n'est pas un chiffre surprenant. Ni même un mauvais chiffre. Mais plutôt décourageant pour les 90% recalés qui ne voyaient jamais leurs oeuvres publiées, même sur le web. Difficile, donc, d'installer une dynamique, si possible vertueuse.

CNN a donc choisi de créer un site communautaire à côté de celui de CNN.
"iReport" se présente comme une plateforme où chacun peut déposer son reportage et recevoir directement le retour de la communauté.

En créant deux sites séparés, la chaîne a décidé de ne pas faire cohabiter l'info vidéo de la rédaction de CNN et celle des internautes. Sauf lorsque cette dernière est reprise sur la chaîne d'info.

La baseline est d'ailleurs claire (et provocante) : iReport, "unedited, unfiltered, news". L'info non éditée, non filtrée!








Sur ce point, le site veut d'ailleurs laisser les clefs aux internautes. Ils seront également responsables de la modération qualitative du site (la modération légale sera effectuée par des professionnels) et d'exprimer leurs doutes sur la véracité de telle ou telle info.

"Nous voulons vraiment impliquer les gens, pas seulement dans la soumission de contenus, mais dans la gestion de ces contenus".


L'interface est plutôt intéressante: très épurée, avec une exploration par tags, un fleuve de contenus chapeauté par un bloc de contenus mis en avant.

On peut également proposer des portfolios de photos, présentés comme une vidéo.

iReport se pose donc comme une sorte de réservoir d'infos, avec une animation portée par la communauté.

Le moteur principal de motivation des internautes restant évidemment l'espoir d'être diffusé sur la célèbre chaîne d'info continue. C'est tout l'intérêt de ce type de mécanique.

(Source : journalism.co.uk)

lundi 2 juillet 2007

Demain tous reporters "live" ?

Mes nouvelles fonctions ne me laissent pas beaucoup de temps pour bloguer (merci à tous pour vos messages d'encouragement), mais je ne peux pas m'empêcher de partager avec vous un sujet qui me fascine depuis plusieurs semaines. Un phénomène qui, en lisant ce billet de Jeff Jarvis ce soir, m'a définitivement convaincu qu'il se passe quelque chose sur le Web en ce moment. Un phénomène qui est en train de révolutionner notre façon de voir les choses.

De quoi s'agit-il ? Jeff revient l'étonnante couverture médiatique du lancement de l'I-Phone aux Etats-Unis vendredi dernier. Et qui a été le meilleur sur le coup ? Les médias ? Non... les gens.
Plus fascinant encore, cette incroyable reportage collectif s'est déroulé en direct.

Sur Twitter, évidemment, l'outil de micro-blogging (et donc de reportage) qui permet de dire ce que l'on fait et où l'on est en direct sur le Net depuis son téléphone portable.
Mais surtout en vidéo. Les outils sont encore peu connus en France, mais aux Etats-Unis, les plateformes de video-streaming (comme ustream.tv) se multiplient et sont en train de ringardiser YouTube et DailyMotion.

L'ère des "témoins reporters"

Le plus étonnant d'entre eux : Justin-TV. Sur cette plateforme, des internautes filment leur vie en direct, 24h/24 et 7 jours/7. De la vraie auto-télé-réalité, une caméra sur le front. C'est ainsi que, vendredi, I-Justine, munie d'un ordinateur portable et de sa petite caméra, a filmé en direct l'événement, directement depuis la file d'attente.
Très ingénieux : un écran de chat, positionné à droite de l'écran vidéo live, permet aux internautes de commenter ou d'interagir en direct avec ce qu'ils voient à l'écran...

Plus rapides que la télé, les "témoins-reporters" étaient les premiers sur l'événement. Moins cher. Pas de camion satellite et de grosses caméras. Non. Juste un sac à main avec un portable dedans.




Et Jeff Jarvis d'imaginer l'avenir : avec un GPS et le SMS, on pourra bientôt prévenir ces live-reporters, c'est à dire vous et moi, par sms et leur dire, par exemple, "tiens, vous êtes prêts de l'aéroport de Glasgow, où vient de survenir un attentat, et si vous nous envoyiez des images avec votre téléphone ?"
Imaginez encore, poursuit Jarvis, un mur d'images chez CNN, avec des centaines de vidéos live de gens, filmant la vie partout dans le monde.

L'avenir n'est plus seulement à la vidéo. Il est à la vidéo en direct.
Quand Internet réinvente le live. Quand les gens réinventent le reportage en direct.

Alors que la presse française peine encore à essayer de former ses journalistes à l'écriture web, ou, pire, s'étripe en interne pour savoir s'il faut publier le contenu du journal en ligne, voici que débarque la prochaine révolution du Net : le live.

Un avis ?

mardi 17 avril 2007

Le quotidien régional "Le Télégramme" lance son premier journal télévisé


L'opération est exemplaire et enthousiasmante : un journal local qui décide d'installer une équipe télé au sein de sa rédaction. Le Télégramme a lancé tout à l'heure son journal télévisé du soir. Une première en France pour la presse quotidienne régionale.
La présentation est classique, elle alterne vidéos, infographies et photos de la rédaction, et brosse en 5mn l'actualité de la région. Le JTWeb est diffusé du lundi au vendredi à partir de 17h.

Le quotidien breton revient sur la genèse de l'opération :

"Il y a quelques semaines encore, Gwenaëlle Fleur, Carole Crayou, Marine Le Clech et Philippe Priser étaient quatre jeunes journalistes « normaux », selon les critères habituels d’un quotidien régional. L’une au supplément culturel du mercredi (Sorties), l’autre au service des informations régionales, la troisième aux infos générales et Philippe aux Sports. Lorsque l’idée a surgi « et si on faisait un journal vidéo sur internet ? », ils ont levé la main avec quelques autres volontaires. Et, six semaines plus tard, après une formation accélérée, les voici propulsés sous les projecteurs, face à l’œil noir de la caméra."


"Nous avons choisi de franchir la frontière", explique le rédacteur en chef "papier" du Télégramme, présentant le JTWeb comme "la 19ème édition du quotidien régional".

L'exemplarité est là : un journal télé intégré dans la rédaction (les studios ont été aménagés au coeur de la rédaction papier), animé par des journalistes issus du journal, et tirant partie de la force éditoriale et du réseau du quotidien.

mercredi 11 avril 2007

Le Washington Post fait mieux que la télé

Un quotidien papier qui se lance dans la vidéo haute-définition ? Avec ses HD podcast, le Washington Post prend quelques mois d'avance sur la concurrence, télé comprise.
Le journal américain propose en téléchargement des reportages vidéo filmés en haute définition, que l'utilisateur pourra visionner sur son écran plasma ou sur l'ordinateur. Il s'agit d'une série de reportages vidéo créés par l'équipe multimédia du Post. Le téléchargement est un peu long (200Mo), mais quelle qualité !
"La haute définition est le futur de la vidéo", prophétise Tom Kennedy, responsable éditorial. "Nous avons bougé au delà des standards d'aujourd'hui pour proposer aux utilisateurs un standard plus élevé." Parole d'ex média papier...
La HD est l'avenir de la vidéo, dit-il. Et la vidéo est l'avenir de la presse écrite sur le Net. Journaux, faites de la télé, faites de la petite et de la très bonne télé sur le Web !

Le Washington Post a tout compris dans la démarche : passer à l'étape suivante, plutôt que de ramer avec les autres.

(Source : Journalism.co.uk)

mardi 3 avril 2007

News at Seven : le journal TV généré par ordinateur

Imaginez un "JT" qui ne soit pas fait par la main de l'homme. Dont le montage, les images, le présentateur soit généré automatiquement par un ordinateur. C'est le projet étonnant de l'Intelligent Information Laboratory à la Northwestern University. News at Seven diffuse chaque jour sur le Net un journal télévisé centré autour d'un sujet d'actualité. L'ordinateur combine les infos glanées sur le Net autour des sujets sujets les plus populaires, compile les opinions et les images vidéo.
Une présentatrice virtuelle lit les textes automatiquement et les images sont diffusées en fond, derrière elle.
Après la revue de presse algorithmique de Google News, voici le JT centré automatiquement sur l'utilisateur, qui lui diffuse les news qui l'intéressent, sans mise en scène journalistique. "Parce que tout est automatique, il n'y a aucune limite. Le contenu et la présentation sont complètement customisables. Les utilisateurs peuvent exprimer leurs souhaits et se voir offrir un JT taillé sur mesure..."
L'équipe télé est virtuelle, les journalistes aussi, tout comme le studio...



A l'inverse, le show Rocketboom parie, lui, sur l'éditorial et la personnalité de la présentatrice... humaine. Enorme succès.

lundi 2 avril 2007

Jean-Pierre Pernaut s'ouvre au Web2.0 local


La vague du média participatif vient de toucher l'immuable journal de 13h sur la chaîne française TF1. Son présentateur vedette, Jean-Pierre Pernaut, a annoncé aujourd'hui le lancement de "Devenez reporter de votre vie", menée à partir de la plateforme collaborative "WAT". Un service lancé par TF1 l'été dernier sur le modèle de YouTube et MySpace (600.000 visiteurs uniques par mois).
Les internautes sont invités à envoyer leurs films sur la vie de leur village, sur leurs traditions, sur leurs recettes de cuisine ou sur leurs fêtes locales. Les meilleures vidéos seront diffusées sur le site du 13h de TF1, et même au journal de 13h.

Une façon de prouver qu'avec Internet, le média national peut aussi devenir média local. Et faire "concurrence" aux quotidiens régionaux sur leur créneau : la locale miroir.