lundi 25 septembre 2006

Google : faux débat

En constatant le jugement confirmé en appel contre Google News, forçant le moteur de recherche d'infos à ne plus référencer les articles des journaux belges, je reste perplexe. Je ne suis pas le seul, mais quand même.
Au delà de tous les débats philosophiques et "juridiques" qui ont animé la blogosphère la semaine dernière, il n'y a finalement qu'une seule question à se poser : que va gagner concrètement la presse belge dans cette fausse victoire? Plus d'argent? Plus d'audience? J'aimerais voir les chiffres dans quelques mois.

Plutôt que de s'inventer des ennemis imaginaires, la presse francophone ferait bien de travailler à sa mutation. Je veux dire : de travailler réellement à sa mutation. C'est à dire à sa nouvelle identité.
Laquelle ne pourra pas se limiter à la publication jalouse de ses articles en ligne et à une poignée de blogs sympas.


(Pour mémoire, et pour ceux qui ont encore faim de débat sur Google, l'excellent post de Filloux au mois de juin)

6 commentaires:

Gilles Klein a dit…

Je crois qu'il y a un consensus général sur le fait que Google apporte du trafic aux journaux, les médias belges qui ont fait ce procès se sont tiré une balle dans le pied tout simplement, au lieu de discuter avec Google pour définir un cadre précis. Je crois que de nombreux confrères pensent comme moi

damien a dit…

entièrement d'accord avec toi. La presse belge ferait bien mieux de travailler à sa mutattion sous peine de crever la bouche ouverte. Pour avoir participé de près à cet événement et ayant eu l'occasion de discuter avec les principaux acteurs, je peux te dire qu'il y a encore un sacré boulot à faire. Pas au niveau des journalistes, mais bien chez leur boss.. est c'est peut-être encore pire.

Jean-Paul Baré-Chevais a dit…

Je partage cette opinion. A gagner ? Peu voire rien ! A perdre ? Beaucoup sans aucun doute !
Il suffit de lire les réactions de journalistes appartenant aux journaux qui ont attaqué Google.
Je m'en étais d'ailleurs ouvert sur le blog de Jeff Mignon.
Il y aura comme une forme collective de suicide dans la presse francophone, déjà bien atteinte, si elle ne s'attache pas à relever la tête quitte à subir des changements profonds et pourtant salvateurs!

Fred Vielcanet a dit…

Ben oui mais et le droit d'auteur
ça vous parle
ça vous dit quelque chose
Avant de savoir où on va
il faudrait savoir d'où on vient
Vous voulez gagner, mais a la fin vous vous ferez enfler et c'est tout.

Fred

Jeff Mignon a dit…

Les accords des droits d'auteurs dans bien des médias français (et ailleurs) sont surtout une machine à empêcher les expériences. Pas de nouvelles expériences. Pas de chances de créer de nouvelles sources de revenus. Pas de pognon pour les auteurs. Pire, risque de voir des auteurs licenciés parce que les sources actuelles de revenus ne suffisent pas à couvrir le coût des médias. Les grandes théories sur les droits d'auteur c'est bien jolie, les effets de manche c'est bon pour certains "politiques". La réalité économique a, encore une fois, un autre visage. C'est celle des journaux qui ferment et des licenciements.

Anonyme a dit…

Je trouve absolument stérile la critique qui consiste à dire que les Belges sont aveugles et trop stupides pour savoir ce qu'est Internet. Ca évite juste le débat dans lequel on se pose les bonnes questions et on regarde la réalité de chiffres.

Au passage, bravo pour l'amalgame partisant, de ce que j'ai pu comprendre, ils ont porté pleine contre Google Actualités. Pourtant ils ont été suffisemment clairs à ce sujet, me semble-t'il, et ils n'ont pas l'air en guerre contre Google, au contraire

M. Mignon, votre lecture est exacte, le dossier droits d'auteurs dans la presse et né d'une revendication salariale qui n'a pas eu d'écho. N'ayant pas le prétexte de la précarité (étant tous salariés) le de droit moral est tombé à point. Je garde encore en mémoire des cas comme celui du Monde, des Nouvelles d'Alsace ou de France 3 à ce sujet ! Mais il faut s'accorder la dessus, ce dossier était idéal pour les quelques syndicats de journalistes et leurs filiales (SCAM et autre société de droits d'auteurs) de faire une belle opération promotionnelle pour recruter du porteur de carte...

A mon avis, beaucoup croient que Google est toujours dans le même état d'esprit qu'à sa fondation. Il est aujourd'hui l'un des acteurs les plus structurant d'Internet et décide maintenant de qui joue et qui ne joue plus.