samedi 11 août 2007

City Tools invente le réseau social pour les journaux

Décidément, Internet n'en finit pas de bousculer nos repères. Voici venir un service qui permet aux journaux de se mettre en réseau, de partager des contenus et des petites annonces, et de créer automatiquement des rubriques collaboratives.

"Hub éditorial"

Moyennant un abonnement mensuel (650 dollars, c'est à dire bien moins cher qu'un abonnement à une agence de presse), City Tools offre aux journaux l'accès à un réseau social d'un nouveau genre : chaque éditeur choisit les contenus qu'il met en commun ainsi que ses partenaires éditoriaux. Surtout, il peut créer un service thématique collectif, inviter les autres membres du réseau à y déverser leurs contenus spécialisés. Le réseau peut être fermé (seuls les médias partenaires participent) ou ouvert (tout le monde peut y participer).
C'est une sorte de "hub" éditorial, qui permet aux médias de développer en commun de puissants contenus verticaux et d'aller chercher des marchés de niche.
Par exemple, vous avez besoin de créer un service sur l'économie agricole ou sur les collections de petites voitures, mais vous manquez de contenus. Vos créez le "hub" qui permettra à chacun d'y ajouter ses articles et photos sur ce thème. Tout le monde profitera alors du pot commun.

Le service fonctionne ensuite comme une agence de presse. Chacun se sert et distribue les contenus comme bon lui semble (papier, web, mobile, gratuit, payant...). Pour l'instant, le service ne semble proposer que des textes et photos. Pas encore de vidéos.

Le même système fonctionne avec les petites annonces. Un moyen intéressant, pour les journaux isolés, de créer la masse critique nécessaire pour lutter contre les géants de la petite annonce, sans avoir à vendre leur âme.

Journalisme citoyen local

Mais City Tools va encore plus loin : non content de rassembler les éditeurs, le service s'ouvre également aux internautes, et leur propose de rejoindre la danse. Chaque internaute peut soumettre ses informations. Leur motivation ? Avoir la chance d'être remarqué et publié par les grands journaux participant au réseau social.
Mais pas seulement. Pour éviter que les infos se perdent dans l'océan des news, l'internaute est invité à créer son propre groupe de contributeurs : par localité, par centre d'intérêt (par exemple un groupe consacré au football), ou par association. Le service est, à mon avis, un peu complexe et aride, mais il permet également de publier et partager des infos hyperlocales pratiques.
Ingénieux : l'audience peut créer ses propres listes sur tout et n'importe quoi. Les meilleures films d'action, les quartiers les plus dangereux, les plus beaux acteurs, les meilleurs restaurants dans ma ville... On peut relier les listes entre-elles ou les combiner pour créer des super-listes collectives sur un même sujet. La magie du réseau...
L'idée est passionnante, mais l'interface encore trop floue.

L'alchimie est complexe, mais inventive. Reste à savoir si la magie fonctionnera. Le Washington Post est déjà en train de tester le service.

Un monde poreux

Quel que soit son avenir, ce nouveau concept pose un tas de questions : dans un monde où la "page d'accueil", la force du média descendant, est en train de disparaître au profit de la fragmentation des contenus et de la circulation en réseau d'amis (l'effet Facebook) dans quelle mesure, les médias d'aujourd'hui savent-ils s'ouvrir au réseau ? Comment s'exportent-ils ? Sont-ils capables de se concentrer sur autre chose que leur Une ou leurs rubriques pour créer de nouveaux services sur d'autres plateformes comme MySpace, Netvibes ou Facebook ? Ou, inversement, ouvrir leurs sites à d'autres services ?
Mais comment asseoir son identité éditoriale dans un monde poreux ?

1 commentaire:

michael flamand a dit…

Je souhaite par ce commentaire vous faire connaitre si ce n'est pas déjà fait le lancement plutôt réussi de notre proposition de prise de position par les citoyens : http://www.come4news.com ...

L'actualité traitée n'est pas toujours celle à laquelle on pense et c'est sans doute là que réside une partie de notre originalité, pour le reste, je vous laisse le découvrir par vous même.