Analyse perspicace, mais qui ne répond pas à la récurrente question du "comment on fait".
Les enjeux, et donc les chantiers, sont de taille. Mais ils effrayent les patrons de presse. Le vrai péril n'est pourtant pas niché dans la révolution Internet, mais dans le fait de ne pas appréhender les changements qu'elle impose à leur juste dimension.
- Comment réorganiser les rédactions autour de la production multimédia et notamment de la production vidéo ?
La vidéo est l'avenir de la locale sur le Net.
Comment le prendre en compte sans embaucher des dizaines de reporters télé ?
En révolutionnant l'organisation des rédactions autour de la production multimédia : distribuer des appareils photo/vidéo aux localiers, organiser l'envoi de vidéos par les correspondants locaux, inventer des fonctions de secrétaires de rédaction du web...
Les journalistes locaux (qui sont déjà polyvalents), et les photographes professionnels, sont moins réticents à manier une caméra qu'on ne le pense.
- Comment prendre en compte la volonté des internautes de participer à l'information ?
Cette volonté n'est pas une mode accrochée au phénomène du web2.0. Elle est profonde. Elle peut permettre à la presse locale, qui a l'expérience de l'animation des correspondants amateurs, d'enrichir son contenu et de renforcer ses liens avec la population, sans dépenser des fortunes.
Comment ? En transformant concrètement le média local en média participatif. C'est à dire en organisant cette conversation en profondeur grâce, encore une fois, à une nouvelle organisation au sein des rédactions, et à la mise en place de process de participation sur le Web, animés par la rédaction, et valorisants pour l'internaute.
- Comment créer des communautés ?
Le média local doit (re)devenir média social. Il doit héberger et animer les communautés locales sur le Net. C'est le meilleur moyen de qualifier une audience, d'aller sereinement vers le média à la carte, et de lancer facilement de nouveaux produits innovants sur le Net.
Les internautes doivent avoir envie de venir sur le site du journal pour y trouver l'information utile, mais aussi pour rencontrer d'autres internautes. Il doit donc disposer d'outils pour se présenter aux autres, pour se sentir valorisé, et pour interagir avec la communauté.
Deux règles : l'utilisateur est fournisseur de contenu, mais il est aussi lui-même un contenu.
- Comment prendre en compte toute la dimension d'Internet et générer des contenus spécifiques sans débourser des millions ?
1) En résolvant le problème de la masse critique d'infos locales gratuites adaptées au lectorat du Net : breaking news envoyées par une rédaction intégrée mais aussi par les correspondants locaux, création d'une véritable base de données locales associée à un moteur de recherche, et recrutement de blogueurs, nouveaux correspondants locaux du Web.
2) En organisant, encore une fois, la participation des internautes à l'info locale. Il ne suffit pas d'ouvrir les vannes. Il faut animer.
- Quel modèle payant efficace ?
Dites vous déjà qu'Internet ne fonctionne pas comme le papier.
Ce n'est pas parce que l'on vend un média d'information chez le marchand de journaux, qu'on le vendra également en le numérisant sur Internet.
Cela ne veut pas dire que l'on ne peut rien vendre sur Internet.
- Mais il faudra d'abord régler la question du micro-paiement.
-Il faudra inventer de nouveaux contenus adaptés au web, utiles et exclusifs (donc indispensables...), et payables à la carte en un seul clic.
- Les internautes sont également prêts à payer un abonnement pour de vrais services sur Internet, comme le dating (les sites de rencontre) par exemple, mais pas seulement.
Question : la presse régionale est-elle, sinon organisée, prête à offrir ce nouveaux type de services spécifiques au web ? C'est à dire à créer de nouveaux métiers ?
Et vous, quelles sont vos idées ?